Toutes les semaines, une nouvelle aventure nous arrive ! Soit à cause de notre ignorance des coutumes du pays, soit à cause du caractère parfois surprenant des Turcs, soit à cause de notre mauvaise compréhension du turc....
Bref, les anecdotes cocasses (après coup) ne manquent pas à notre quotidien!
En voici quelques unes en guise d'illustration:
- dans les premiers jours de notre arrivée, nous cherchons de la lessive liquide... mais, ne sachant pas encore lire le turc (cette langue incompréhensible, constituée essentiellement de consonnes et où les mots font 1 km de long!), nous nous trompons et achetons de l'eau de javel!
Vous imaginez bien le résultat sur le linge après un premier bouchon vidé dans la machine...
- Un soir, nous partons en voiture pour aller dîner dans un quartier animé (Bakirkoÿ pour ceux qui connaissent). Nous nous garons et rejoignons le restaurant. 2h plus tard, nous revenons, la voiture avait disparu! Quelle frayeur! Mais où est-elle???
La fourrière, évidemment.... sauf que rien est simple dans un pays où vous ne parlez pas la langue! Benoît a dû appeler à l'aide sa "chef" qui nous a envoyé un chauffeur de l'entreprise pour nous porter secours. Il est parti avec Benoît à 22h30 rechercher la disparue...
- vendredi dernier, en rentrant de l'école, Aude trouve l’électricité de l'appartement coupée et un papier ressemblant à une facture accroché à la porte. Que se passe t-il?
La facture n'est jamais arrivée chez nous et nous aurions dû la régler depuis 1 semaine...
Mais ici, on ne vous prévient pas : 1 semaine de retard? et bien on vous coupe l'élécricité et on vous pose un scellé sur votre compteur!
Benoît appelle de nouveau sa "chef" au secours et le même scénario se reproduit : le chauffeur (notre grand ami Yücel) arrive en courant, sonne récupérer l'argent, va régler l'amende et la facture à notre place... et à 21h30, oh miracle inespéré, un gentil monsieur vient nous ôter le scellé et remettre l’électricité!
... il y en aurait encore beaucoup d'autres à raconter...
- mais celle-ci est la dernière en date et elle reflète bien le caractère turc !
Dimanche, nous allons à la Messe dans notre quartier (messe en turc). Nous nous rendons ensuite, comme souvent, au petit café qui se déroule après, dans les salles du presbytère et où nous retrouvons un couple franco-italien qui nous aime beaucoup, semble t-il.
Là, on nous présente un gros petit homme, un peu rougeaud, en costume, parlant fort, riant beaucoup mais ne comprenant le français. Orthodoxe, parait-il.
Nous expliquons à nos amis franco-italien que notre projet de l'après-midi est nous rendre en bateau sur la côte asiatique. Comprenant notre désir, le monsieur en costume commence à faire des grandes gestes. On nous traduit alors ce qu'il hurle presque : "mais je vous emmène moi! Je dois chercher mon fils d'abord mais je vous emmène moi, pas de problème! Ah Istanbul ! Un bateau à Bakirkoÿ Oui je vous emmène à l'embaracadère, oui oui, venez, venez... !"
Un peu surpris, nous finissons par le suivre, poussés par nos amis nous assurant qu'il est très gentil.
Et nous voilà dans va voiture, avec son jeune fils à sa droite et nous deux derrière.
Imaginez alors la scène du trajet: ce monsieur, ma foi fort aimable, appuyant comme un fou sur sa pédale d'accélérateur puis décélérant brutalement, se faufilant entre les voitures à une allure monstre, et cela tout en riant aux éclats et en hurlant : "Je suis un pilote de formule 1" puis répétant en boucle : " I love Istanbul"," I love Istanbul"! Et avec, en arrière fond, des chants de Noël qu'il fredonnait avec cœur... "Jésus Christ!" a t-il crié entre deux rires.
Nous sommes hilares ! Qui est cet homme? Quelle mouche l'a piqué? Que faisons-nous là?
Et pour couronner le tout, dans sa grande serviabilité, sans qu'on lui demande quoique ce soit, il nous propose même de nous emmener en voiture non à Bakirkoÿ mais beaucoup plus loin, jusqu'à Eminonü (pour ceux qui situent sur une carte), là où l'on prend habituellement le bateau et là où il est beaucoup facile de rejoindre l'Asie...
Nous n'avons même pas eu le temps de le remercier qu'il était déjà en route...
Un dimanche matin, il a fait 30 min aller- 30 min retour pour emmener des étrangers qu'il n'avait jamais vu, à un embarcadère à l'autre bout d'Istanbul!
Voilà le Turc : un exemple vivant!
Impulsif,
excessif dans ses émotions, extrêmement serviable et voulant prouver quelque chose à
la Terre entière.
Il riait de nous emporter dans sa folie et il était
touchant par sa joie de vivre, son amour vibrant pour sa ville et son
impétuosité !
Ce n'est pas le premier de cette nature que nous avons croisé et nous en croiserons sans doute d'autres!
Voilà le vrai charme de la Turquie !
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