Les Français arrivant à Istanbul
vont généralement à la Messe dans la chapelle St Louis-des-Français
située dans l'enceinte du Palais. Nous-mêmes y avons été dès les
premiers dimanches. Toutes les petites familles avec enfants s'y
retrouvent et la petite église est souvent pleine.
L'histoire de Saint Louis des
Français d'Istanbul est inséparable de celle des frères capucins français.
Les premiers capucins
arrivent en effet à Constantinople en 1626 et s'installent dans l’enceinte de
l’ambassade de France en 1628. Ils deviennent propriétaires d'un terrain
contigü à celui de l'ambassade en 1638.

Leur première église est sans
doute clandestine, mais à partir de 1642, la messe est célébrée dans une salle
attenante à l’ambassade.
Après l’incendie de 1660, on
bâtit une véritable église, qui sera peu à peu transformée. Elle est déclarée "chapelle ministérielle",
l’autorisation de la Sublime porte ayant été donnée. En 1685 autorisation sera
donnée d’y ensevelir les "ambassadeurs, religieux et autres personnes de
distinction".
L'église devient enfin paroisse
au début du 18ème siècle.
L'église disparaît à nouveau dans
le grand incendie de Pera (Beyoglu) de 1831.
Après l'incendie de 1831,
l'église mettra plusieurs années à être reconstruite. Elle sera finalement terminée
en 1846, sa construction étant réalisée en parallèle de la reconstruction du
Palais de France.
L'ensemble des bâtiments
actuels est représentatif du style Louis-Philippe (1830-1848).
En 1914, Saint Louis est
occupé, l'église est réquisitionnée.
L'église est cependant récupérée
dès 1919 et sera progressivement restaurée jusqu'en 1923.
Saint Louis aujourd'hui
Aujourd'hui, comme depuis
bientôt trois siècles, Saint Louis reste paroisse de la communauté française
d'Istanbul.
L’ancien bâtiment du
séminaire des capucins est devenu propriété du gouvernement français et attribuée
au lycée français Pierre Loti.
Après une période de
transition, l'église a été confiée en 2003 aux frères mineurs franciscains, qui
ont ainsi succédé à leurs frères mineurs capucins.
Les capucins français à Istanbul
Depuis le 17ème
siècle, les frères mineurs capucins (ordre religieux de l'ordre de Saint
François d'Assise) disposent d'un statut particulier auprès de l'empire
ottoman.
En 1627, le sultan Murat IV
leur accorde notamment le pouvoir de "circuler
librement en toutes les églises où ils voudront aller sans en être empêchés (…)
nous voulons en outre que leurs voyages par les villes, les bourgs et villages,
il n’y ait aucun spahi, janissaire ou autre quel qu’il soit qui leur fasse
aucune offense, déplaisir ou empêchement" tout en leur interdisant tout prosélytisme
religieux.
En parallèle, le 13 mars 1626,
Louis XIII déclare prendre sous sa protection personnelle les capucins français
et il s’engage à verser chaque année à leurs missionnaires 4000 Ff-or pour
subvenir aux besoins de leur mission.
A compter de cette date, les
capucins sont notamment en charge de l'aumônerie de l'Ambassade de France (ils ont
l’exclusivité du poste de chapelain (aumônier de l’ambassade). Ils exercent
également leur ministère sacerdotal auprès des Français de passage et des
Français résidant à İstanbul. Mais aussi auprès des marins et des malades (lorsque
les capucins s’installèrent à Pera, ils furent les seuls à pouvoir porter
secours et réconfort spirirtuel aux mourants, la nuit, car ils étaient en
dehors des murailles de Galata). On les voit œuvrer à chaque épidémie grave.
Dans les cent premières années de leur présence, 14 capucins sont d'ailleurs morts
à İstanbul, dont 10 de la peste.
Les capucins exercent
également des missions originales, avec notamment un ministère auprès des prisonniers
– les corsaires turcs faisant de nombreux otages – ou la création de l'Ecole
des Jeunes de Langue, pour l'apprentissage des langues parlées dans les
échelles du Levant (formation des interprètes et des drogmans auprès de la
Sublime Porte).
A la révolution française,
les capucins sont dispersés (l'ordre est dissous en France en 1790). Les
vocations se tarissent, et à partir de 1813, les registres de Saint Louis sont
tenus par des capucins italiens, qui resteront responsables de Saint Louis
jusqu’en 1881.
Après 1881, les missions des
capucins français reprennent, et intègrent notamment l'aumônerie des écoles
catholiques françaises (Saint Joseph et Notre Dame de Sion) et la création d'un
petit, puis d'un grand, séminaire. De 1882 à 1990, il y eut plus de 1000
séminaristes à St Louis, et 143 prêtres, 1 diacre, 14 évêques dont 1 patriarche
y ont été formés.
Leur mission au sein de la
paroisse s'est à nouveau interrompue en 1999.
Sortie de la Messe: