La fabrication de tapis est une tradition artisanale anatolienne dont la technique est transmise de génération en génération, par le biais des femmes, depuis des siècles.

Dans les milieux ruraux, la dot d'une jeune fille est en grande partie constituée d'un ou de plusieurs tapis.
En effet, le tapis est l'objet indispensable et présent dans chaque foyer.
En Anatolie, les tapis ne sont pas seulement considérés comme objets de décoration, ils servent aussi de tapis de prière, de rideaux, de portes pour séparer deux pièces, de coussins, de sacs à blé, de tentures murales etc.
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Toujours en Cappadoce, nous avons eu la chance de visiter une école où il est enseigné aux jeunes filles de la campagne anatolienne l'art du tapis. Le but de cette école est également de créer des emplois et d'éviter ainsi l'exode rural...
Les femmes passent des heures, assises, à tisser les tapis.
Leur geste est très rapide et très répétitif ...
(sur photo : tapis en laine)
Il existe plusieurs types de tissage, tous faits à la main:
* le halı (tapis au point noué) : facilement reconnaissables, les tapis sont la plupart du temps en laine (de mouton) et plus rarement en soie. Le coton et le chanvre sont aussi utilisés notamment pour réaliser la structure du tapis.
Originaires pour la plupart d’Orient, d’où l’appellation « tapis d’Orient », ils proviennent essentiellement d’Iran (tapis persans), de Turquie, du Caucase, de Chine, d’Inde et du Pakistan.
En Turquie, les tapis sont fabriqués dans toutes les régions sauf celle de la Mer Noire, car il y a peu de pâturages dans cette zone, et les habitants de la Mer Noire ne sont pas des éleveurs.
Nous avons pu suivre l'élevage des vers à soie et admirer les pelotes de fils :
La finesse des motifs est beaucoup plus grande sur des tapis en soie.
Mais la soie étant un fil très fin, il faut un nombre record de noeuds pour réaliser un tapis en soie, même petit. C'est un travail très méticuleux qui demande beaucoup de patience.
Imaginez: il faut parfois cinq à six années pour présenter un travail abouti d'un demi mètre carré !
Autre type de tissage:
* le kilim : tapis brodé et non noué! Tissage à plat, réalisé la plupart du temps avec des motifs ancestraux. Ils représentent à la fois la mémoire et l'identité des peuples sédentaires, nomades et semi-nomades qui les tissent.
Chaque tribu et chaque village possède son propre style : couleurs chatoyantes ou sobres, décors complexes ou épurés suivant les régions. Leurs motifs constituent une forme d'écriture symbolique héritée des anciennes croyances chamanistes (croyance centrée sur la médiation entre les êtres humains et les esprits de la nature, les âmes du gibier, des morts du clan, des enfants à naître, des malades etc)
HISTOIRE DU TAPIS TURC
L'histoire de la Turquie musulmane commence avec les invasions des Turcs seljoukides (XIe) et des Turkèmes (XIIe).
C'est avec ces populations semi-nomades, souvent marquées par la culture persane, que sont introduites en Anatolie les techniques de nouage des tapis et de tissage des kilims.
Sous l'Empire Ottoman (à partir donc du XIVe), les tapis turcs, qu'on appelle aussi tapis anatoliens, deviennent de plus en plus prisés en Occident: l'Europe les préfère alors aux tapis persans jugés trop chargés.
Au XVe et XVIe, le tapis ottoman atteint son apogée et devient un produit d'exportation : on les retrouve jusqu'en Suède, en Italie et au Tibet, large diffusion qui témoigne bien de l'unanime faveur dont ils jouissaient à l'époque.
En Occident, l'engouement pour les tapis anatoliens était tel qu'ils figurent dans un grand nombre de tableaux du XVe et du XVIe siècles italiens, ainsi que chez les peintres flamands du XIe siècle, à commencer par les frères Van Eyck.





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