Sur la route de la soie, les caravansérails étaient de véritables cités forteresses qui permettaient aux marchands et à leurs animaux, essentiellement des chameaux, de se reposer, tout en mettant les trésors transportés à l'abri des pillards.
On a souvent prétendu que les caravansérails avaient été érigés à quelque 30 km les uns des autres, c'est-à-dire à la distance moyenne que franchissait dans la journée une caravane chargée. En fait, ils sont souvent plus proches.
On a souvent prétendu que les caravansérails avaient été érigés à quelque 30 km les uns des autres, c'est-à-dire à la distance moyenne que franchissait dans la journée une caravane chargée. En fait, ils sont souvent plus proches.
On trouve beaucoup de caravansérails en Cappadoce (une quinzaine). Ils sont encore une centaine en Anatolie, dans un état plus ou moins
avancé de délabrement. La plupart ont été construits au XIIIe siècle.
Voici celui de Saruhan ( Cappadoce) :
Voici celui de Saruhan ( Cappadoce) :
Les Turcs, en s'installant en Asie Mineure, ne conservèrent ni la route
ni le char de l'Antiquité romaine.
Ils abandonnèrent les voitures à hautes roues qu'ils employaient dans les steppes et se rallièrent au système musulman de la caravane avec chameaux.
Ils abandonnèrent les voitures à hautes roues qu'ils employaient dans les steppes et se rallièrent au système musulman de la caravane avec chameaux.
Leurs chameaux provenaient d'un croisement savant et
ancien entre le dromadaire (chameau à une bosse) et le bactrien (chameau
à deux bosses), animaux parfaitement adaptés aux conditions
géographiques locales, mais lents et relativement peu aptes à porter de
grosses charges, le maximum étant de 100 à 150 kg.
Nerveux, assez difficiles à manier, ils étaient groupés en petites unités de sept (un katar) que guidait en général un âne.
Nerveux, assez difficiles à manier, ils étaient groupés en petites unités de sept (un katar) que guidait en général un âne.
Les caravansérails étaient administrés par des fondations, souvent religieuses (musulmanes, juives,
jamais chrétiennes). Les marchands et voyageurs, de quelque origine et de quelque confession qu'ils fussent, pouvaient y rester 3 jours tout au plus
et ne payaient pas un logement, mais faisaient un don selon leurs moyens.
Les personnes, les animaux et les marchandises étaient
en sécurité dans les cours des auberges - les portes étaient barricadées
pour la nuit, des gardiens s'assuraient de la sécurité intérieure et de
la paix entre les hôtes.
La sécurité des caravansérails était
légendaire, si bien qu'à partir du XVIIe siècle, les bâtiments servaient
à conserver les objets de valeur et l'argent. Ils fonctionnaient donc
comme des banques.
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Dans les villes, les caravansérails se trouvaient principalement situés aux abords des
marchés et bazars mais également des ports.
Les plus intéressants d'Istanbul se trouvent dans les environs du Grand Bazar et ont été transformés en ateliers où se travaillent le cuir, l'or, l'argent ou les tissus.
On trouve ainsi côte à côte des bijoutiers avec leurs
boutiques, des orfèvres, des sertisseurs, des polisseurs d'argent, des
graveurs, des mouleurs et des fabricants de lampes etc
Les caravansérails se composaient de 4 bâtiments construits autour d'une cour, dans
laquelle se trouvait souvent au centre, une petite salle de prière (« mescit ») avec une fontaine pour les ablutions
rituelles. Ainsi, les marchands n'avaient pas besoin de quitter le han
pour prier cinq fois par jour, comme le prescrit l'Islam.
Zincirli Han : actuellement bastion d'un marchand de tapis...
Les écuries, les échoppes et les entrepôts
étaient au rez-de-chaussée, tandis que les cuisines, les salles de repos ou cellules, se
trouvaient à l'étage. Les dortoirs étaient en général
vides de mobilier, on dormait à même le sol, sur des tapis apportés,
entre les sacs et les bagages.
On trouve
également un salon de thé dans chaque han - offrir du thé à ses hôtes
fait partie en Orient de tout contact social et commercial.
Kalcilar Han : fief de la communauté arménienne
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Toutefois, tout ce commerce est menacé. Le manque d'infrastructure et la dégradation
croissante des bâtiments rendent les ateliers difficiles à utiliser. Une
rénovation en profondeur des bâtiments délabrés, serait nécessaire
et urgente.
Mais le nombre important de propriétaires complique les
choses, car aujourd'hui les artisans sont presque tous propriétaires de
leur atelier. De plus, les bâtiments sont situés dans des quartiers
historiques accessibles seulement à pied à cause des rues étroites et
des escaliers. Les chargements ne sont transportés que par des porteurs,
et un travail rentable au han n'est possible que sur la base de
salaires faibles et du travail au noir.

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