Une église à deux étages ( sol du premier étage effondré)
Sous la domination romaine, la Cappadoce se christianise : au cours des années 48 à 58, saint Paul longe ou traverse le pays au cours de ses trois voyages.
Le christianisme s'y répand aux IIIe et IVe siècles et la région accueille quelques grandes figures de saints : Basile le Grand, Grégoire de Nysse, Grégoire de Nazianze...
Dans la seconde moitié du IVe siècle, sous l'impulsion de Basile, évêque de Césarée (Kayseri), de nombreuses petites communautés monastiques s'implantent dans la région. Basile s'oppose à l'arianisme qui est alors en plein essor et qui a les faveurs de l'empereur Valens. En 536, sous Justinien, basiliques et oratoires se multiplient.
Un monastère
On y retrouve des réfectoires...
Des tombes ...

Des chapelles...
Des chapelles...
Au VIIe siècle, l’est de la Cappadoce est envahi plusieurs fois par le califat arabe des Abbassides. Les raids arabes harcèlent la Cappadoce jusqu'au IXe siècle.
Tout au long de ces siècles, les fréquentes invasions dont souffre la région vont obliger les habitants et les moines à se réfugier dans des cités et des églises souterraines.
Voici des exemples de chapelles creusées dans la pierre et perdues au milieu de vallées...
Au milieu de nulle part, une chapelle du X-XIe, avec des fresques non restaurées, aux couleurs presque intactes et où seuls les visages et la croix ont été effacés...
Un grand monastère, au creux d'un canyon...
Après une période d'insécurité, les victoires de l'empereur Nicéphore II Phocas contre les arabes au cours de la seconde moitié du Xe siècle
rétablissent en Cappadoce la paix et la prospérité. Des villes et des
villages y refleurissent tant en extérieur qu'en souterrain, avec des
populations de culture grecques en majorité, mais d'origines variées, ainsi
que des Arméniens, alliés aux Byzantins pour la défense des frontières orientales. C'est à partir de cette époque que la Cappadoce voit se creuser et se peindre de ses plus belles églises rupestres.
La diversité du style des peintures et des fresques sur les murs et les plafonds des églises est expliquée par cette succession de communautés chrétiennes successives au cours des siècles. Suite à la crise iconoclaste (726-842), le concile de 754 interdira la représentation picturale des saints et c'est pourquoi, dans certaines églises, la décoration consiste uniquement en motifs abstraits et en croix.
Une période de sécheresse au XVIe siècle
fait tarir la plupart des sources souterraines et oblige la majorité de
la population chrétienne à quitter les lieux ; mais en même temps, beaucoup de cappadociens se convertissent à l'islam et à la langue turque pour ne plus payer le haraç : impôt sur les non-musulmans, et pour ne plus subir le devchirmé : enlèvement des garçons pour le corps des janissaires.
Chez ceux restés chrétiens, une langue intermédiaire entre le grec et le turc, le cappadocien, se développe.
Au XVIIIe siècle, les derniers ermitages troglodytiques sont abandonnés.
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